L’ortie un véritable cadeau de la nature

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C’est l’hiver, la saison idéale pour ramasser quelques orties, une bonne occasion de sortir un peu, de se déconnecter de la réalité, et de bien manger! Car cette plante considérée comme étant une mauvaise herbe est extrêmement bonne en soupe, et ses vertus sont nombreuses. Pour le coup, c’est du bio pas cher, cela serait dommage de s’en priver…

C’est un article assez colossal sur le sujet que je relaie aujourd’hui, mais il vaut réellement le détour, et risque de vous être utile un jour, surtout que dans notre société, beaucoup de personnes ne sauraient même pas faire la différence entre de l’ortie et une quelconque mauvaise herbe… Je me trompe?
Présentation (Extrait de Victor Hugo : Les Misérables)

On croyait deviner qu’il avait dû vivre jadis de la vie des champs, car il avait toutes sortes de secrets utiles qu’il enseignait aux paysans. Il leur apprenait à détruire la teigne des blés en aspergeant le grenier et en inondant les fentes du plancher d’une dissolution de sel commun et à chasser les charançons en suspendant partout, aux murs et aux toits, dans les héberges et dans les maisons de l’orviot en fleur. Il avait des « recettes» pour extirper d’un champ la luzette, la nielle, la vesce, la gaverolle, la queue-de-renard, toutes les herbes parasites qui mangent le blé. Il défendait une lapinière contre les rats rien qu’avec l’odeur d’un petit cochon de Barbarie qu’il y mettait.

Un jour il voyait des gens du pays très occupés à arracher des orties. Il regarda ce tas de plantes déracinées, et déjà desséchées, et dit :

– C’est mort. Cela serait pourtant bon si l’on savait s’en servir. Quand l’ortie est jeune, la feuille est un légume excellent; quand elle vieillit, elle a des filaments et des fibres comme le chanvre et le lin. La toile d’ortie vaut la toile de chanvre. Hachée l’ortie est bonne pour la volaille; broyée, elle est bonne pour les bêtes à cornes. La graine de l’ortie mêlée au fourrage donne du luisant au poil des animaux; la racine mêlée au sel produit une belle couleur jaune. C’est du reste un excellent foin qu’on peut faucher deux fois l’an.

Et que faut-il à l’ortie? Peu de terre, nul soin, nulle culture. Seulement comme la graine tombe à mesure qu’elle mûrit, elle est difficile à récolter. Voilà tout.

Avec quelque peine qu’on prendrait, l’ortie serait utile; on la néglige, elle devient nuisible. Alors on la tue. Que d’hommes ressemblent à l’ortie !

Il ajouta, après un silence :

Mes amis, retenez ceci, il n’y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs.
Un trésor injustement méprisé

Plante commune de nos campagnes et de nos jardins, l’ortie est l’une des plantes médicinales les plus riches et les plus efficaces de nos climats tempérés, mais la majorité de nos contemporains l’ignore.

Connue des Gaulois et des Romains, elle figure dans la plupart des pharmacopées anciennes. Ses vertus médicinales et ses qualités alimentaires ont été fort appréciées par nos ancêtres.

Lorsque, au XIIe siècle, le roi d’Angleterre Guillaume le Roux demanda aux médecins de l’université de Salerne de lui prescrire un régime de vie hygiénique pour son fils, ils rédigèrent le fameux ouvrage intitulé L’École de Salerne dans lequel l’Ortie, l’Ail, le Thym et d’autres « simples » figurent en bonne place.

Paracelse, le célèbre médecin de la Renaissance réservait à l’ortie une place de choix dans ses préparations tandis que Albert Dürer (1471-1528) la peignit sur un tableau célèbre, dans la main d’un ange volant vers le trône de Dieu.

Après plus d’un siècle de mépris, la Médecine officielle l’a aujourd’hui réhabilitée et reconnaît ses qualités de fortifiant, de régulateur du sang et de stimulateur des fonctions digestives.

Une plante dominante

L’ortie commune se reproduit facilement et prospère dans tous les terrains. Elle peut atteindre un mètre de haut. Ses feuilles sont opposées et, comme sa tige, hérissées de poils urticants.

Considérée par les jardiniers et les paysans modernes comme une mauvaise herbe, l’ortie est fauchée, arrachée, piétinée, malmenée, brûlée, combattue avec des pesticides, empoisonnée sans aucune pitié.

Pourtant cette grande dame ne mérite pas ce traitement indigne de la part de l’homme dont elle est la nourricière et la protectrice tutélaire. En effet, non seulement elle constitue un aliment de choix, riche en enzymes, en oligo-éléments et en précieuses vitamines, mais, contre beaucoup de maladies, et des plus graves, elle est le plus efficace des remèdes.

L’ortie prolifère dans les lieux laissés à l’abandon, dans les décharges publiques ou sur les terrains en friche. Comme c’est une plante dominante et tenace, elle réapparaît souvent inopinément dans les jardins les mieux entretenus.

Mauvaise réputation

L’ortie commune doit sa mauvaise réputation aux poils urticants qui garnissent le dessous de sa feuille et de sa tige, secrètant un liquide âcre contenant de l’acide formique et des enzymes analogues à celles de certains venins de serpent. Son contact provoque une démangeaison douloureuse et prolongée. Mais c’est ce liquide irritant qui représente un des éléments essentiels de la plante.

Cueillette

Pour cueillir l’ortie à la main, sans douleur, mieux vaut si l’on est douillet, revêtir des gants. Mais un herboriste habile saisira fermement la tige entre le pouce et l’index, sans laisser le reste de la main au contact de la plante.

La plante entière se consomme, en toute saison, mais les propriété actives de l’ortie sont plus actives si on la cueille au printemps, au lever du soleil, ou, lors de sa repousse après qu’elle ait été fauchée. On dit que ses racines sont plus riches au début du printemps ou à la fin de l’automne.

Si l’ortie sauvage, hôte fréquent mais non souhaité de nos jardins et de nos champs est devenue le cauchemar du jardinier et du cultivateur, il n’en a pas toujours été ainsi. Et nos anciens reconnaissaient en elle une des plantes les plus utiles à la santé des hommes et des animaux. Pour l’adepte convaincu de la vertu des plantes l’ortie remplace à elle seule toute une valise de médicaments.

Animaux

Séchée, l’ortie constitue un excellent fourrage et beaucoup de cultivateurs écobiologiques la laissent volontiers proliférer dans leurs herbages à foin et à regain.

Jadis, nos anciens hachaient les orties importunes de leurs jardins potagers et la donnaient à manger aux volailles, aux canards, aux cochons qu’elles protégeaient des parasites et des maladies.

Les maquignons qui connaissaient ses propriétés, mêlaient l’ortie à l’avoine, cela rendait les chevaux plus fringants et leur donnait un poil plus brillant. Mélangée à la pâtée des poules, elle active naturellement la ponte. (Mulot : Opus cit.)

source:https://www.sante-nutrition.org/dossier-lortie-veritable-cadeau-de-nature/