Femmes et hommes ne sont pas égaux face aux maladies rénales

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Si l’hypertension et le diabète sont les principaux facteurs de risques pour l’ensemble de la population, les femmes doivent notamment surveiller les complications liées aux infections urinaires et à la grossesse.

Les principaux facteurs de risques des maladies rénales sont le diabète et l’hypertension. Chez les femmes, il faut y ajouter un trio menaçant: les infections urinaires, les complications liées à la grossesse et certaines maladies auto-immunes, rappelle la Fondation du rein qui s’y est intéressée à l’occasion de la Journée mondiale du rein.

Les infections urinaires touchent davantage les femmes, et ce dès l’enfance. Dans l’anatomie féminine, l’urètre étant plus proche de l’anus que chez les hommes, des bactéries présentes dans ce dernier peuvent plus facilement migrer vers le canal urinaire, entraînant une cystite (infection de la vessie) ou une pyélonéphrite (infection des reins). «Mal prises en charge, ou trop tardivement, les femmes souffrant d’infections urinaires peuvent conserver des séquelles rénales dont elles ne récupèrent jamais», explique le Dr Isabelle Tostivint, néphrologue à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière (Paris) et chargée de la communication scientifique de la Fondation du rein.

La spécialiste met d’ailleurs particulièrement en garde les femmes, régulièrement sujettes aux infections urogénitales, qui décident de se soigner seules, par automédication. «D’une infection à l’autre, le germe peut être différent.» Le risque est donc de prendre des antibiotiques non adaptés et de retarder le moment de la consultation. Et à terme, d’abîmer ses reins.
Grossesse, une période à risque

La grossesse est également un moment crucial. Certaines maladies rénales peuvent être aggravées par cet événement (maladies kystiques, préexistence d’une insuffisance rénale), tandis que d’autres pathologies sont déclenchées à ce moment-là. Une insuffisance rénale peut ainsi se développer suite à une prééclampsie, une complication grave liée à la grossesse. Cette pathologie, qui touche moins de 5 % des femmes enceintes, entraîne une hypertension soudaine en fin de grossesse et abîme les minuscules vaisseaux sanguins qui traversent les reins.

L’hémorragie de la délivrance, un saignement abondant qui concerne environ 5 % des accouchements, est également responsable de stress aigu pour les reins des femmes. «Le corps se met en position de défense et tente de retenir tout ce sang. Les vaisseaux se contractent et les reins ne sont plus bien vascularisés», explique le Dr Isabelle Tostivint. Mal traitées, ces insuffisances rénales aiguës peuvent être responsables d’une dégradation chronique de la fonction rénale.

Si environ 10 % de Français sont concernés par un dysfonctionnement rénal, la plupart l’ignorent et la prise en charge est toujours trop tardive

Plus rarement, les femmes peuvent avoir des atteintes liées au lupus. Cette maladie auto-immune, dans laquelle le système immunitaire s’attaque aux propres cellules du patient, concerne entre 20.000 et 40.000 personnes, neuf sur dix sont des femmes. Environ 40 % des malades présentent des atteintes rénales. Ces malades spécifiques sont souvent suivies par un néphrologue dès le déclenchement de la maladie.

Si environ 10 % de Français sont concernés par un dysfonctionnement rénal, la plupart l’ignorent et la prise en charge est toujours trop tardive. Il existe pourtant des tests simples. Une maladie rénale s’accompagne le plus souvent d’une hypertension, facile à mesurer. Devant un patient hypertendu, le médecin recherche la présence de protéines dans les urines (test par bandelette urinaire). Un dosage sanguin précise, dans un second temps, le diagnostic.

* Des dépistages – par mesure de la pression artérielle et par bandelette urinaire – des pathologies rénales sont organisés dans toute la France jusqu’à la fin de la semaine, à l’occasion de la Journée mondiale du rein.
Par Aurélie Franc

source: http://sante.lefigaro.fr/article/reins-femmes-et-hommes-ne-sont-pas-egaux/